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"La chute de l’activité que nous connaissons aujourd’hui nous fait craindre une nouvelle explosion de faillites ", souligne Hugues Kempeneers (Embuild Wallonie)
Le secteur de la construction en Belgique traverse une période très difficile. Les faillites d’entreprises atteignent des niveaux historiques, avec des conséquences lourdes sur l’emploi et la dynamique générale de l’économie. C’est ce que révèle notamment un rapport récent publié par la fédération Embuild Wallonie, relayé par L’Avenir, avec des chiffres renforcés par des statistiques officielles en 2025.
La réforme brutale et mal expliquée du régime des primes à la rénovation, annoncée début 2025, est accusée d’être l’un des principaux facteurs de cette crise. Depuis son introduction, la demande de travaux s’est écroulée : 72% des entreprises constatent une baisse de la demande, 24% des clients ont annulé leurs projets, tandis que 37% les ont revus à la baisse.
En Wallonie, entre janvier et août 2025, 313 entreprises ont déjà mis la clé sous la porte. Même si ce chiffre est légèrement inférieur (-6,5%) par rapport à la même période de 2024, la Flandre et Bruxelles enregistrent une hausse significative des faillites : +11,96% en Flandre et +9,57% à Bruxelles. Au total, en Belgique, plus de 1400 faillites dans la construction ont été comptabilisées au premier semestre 2025, un record absolu selon le bureau d'études GraydonCreditsafe. “La chute de l’activité que nous connaissons aujourd’hui nous fait craindre une nouvelle explosion de faillites au second semestre 2025 et lors du premier de 2026”, souligne Hugues Kempeneers, directeur général d’Embuild Wallonie.
Les conséquences sur l’emploi sont lourdes : en juin 2025, plus de 380 emplois ont été perdus dans la construction à cause de cessations d’activité. Les pertes sont particulièrement sévères dans les provinces d’Anvers et de Liège.
Outre la réforme des primes, la conjoncture économique rend difficile la reprise : les coûts des matériaux restent élevés, les délais d’obtention des permis de construire s’allongent et la capacité d’emprunt des ménages diminue après plusieurs années de taux d’intérêt très bas.
Contradictoirement, les banques ne sont pas plus frileuses à accorder des crédits ; au contraire, les crédits hypothécaires ont même augmenté au premier semestre 2025, selon Febelfin. Mais la montée des taux et les coûts globaux réduisent la rentabilité des investissements immobiliers et freinent l’initiative.
Malgré ce tableau sombre, le secteur espère une éclaircie grâce au dialogue engagé avec la ministre wallonne Cécile Neven. Les grandes orientations pour un nouveau régime de primes devraient être clarifiées dans les prochaines semaines, avec un lancement espéré pour octobre 2026.
Le secteur appelle également les pouvoirs publics à relancer les commandes publiques, notamment pour pallier le vieillissement des infrastructures et soutenir toute la chaîne de sous-traitance.
Ce contexte rappelle que le secteur est en mutation, parfois compliquée, mais toujours sous tension forte pour s’adapter. Choisir ses travaux de rénovation ou de construction doit s’accompagner d’une bonne information sur les aides, les opportunités de financement et le choix des professionnels.